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Résumé :
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Philosophes et moralistes ont le mensonge dans le collimateur depuis bien longtemps. De Platon à Sissela Bok, en passant par saint Augustin et Emmanuel Kant, une tradition idéaliste voudrait qu’en toute circonstance, le mensonge, qu’il soit égoïste ou altruiste, soit une mauvaise action. Il y a pourtant différentes manières de mentir : par omission ou par assertion. On a tendance à condamner sans appel la seconde, mais la première peut être tout aussi grave, car un seul détail dissimulé peut avoir des conséquences tragiques. Les deux sont donc néfastes. Cependant, on voit bien que les motifs peuvent varier : celui de nuire, celui de tirer un profit, celui de se protéger, mais aussi celui de servir une cause ou de ménager une personne. Thomas d’Aquin ajoutait qu’il existe aussi un «mensonge joyeux», c’est-à-dire seulement destiné à faire rire. Il y a aurait donc des mensonges bienfaisants. Oui, mais le moyen est mauvais : il est toujours fondé sur l’intention de tromper.
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